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Historique de la paroisse de Piana

Il convient tout d'abord d'évoquer la vie des habitants de notre Région, i nostri antichi. On sait qu'à l'époque romaine, les pourtours du golfe de Porto furent peuplés et on a trouvé des traces modestes d'implantation, en particulier près du col de Lavu.

Plus tard, au 9° siècle de notre ère, l'invasion maure a laissé très peu de vestiges. Historiquement, il semble que la première mention de notre région, la piève de Salogna, se trouve dans l'Historia di Corsica de Filippini en 1594.

Au 15è siècle, le territoire actuel de la commune de Piana formait la piève de Salogna placée sous l'autorité des seigneurs de Leca dont le domaine s'étendait du sud de Calvi, au nord de Propriano.

La piève de Salogna se composait de huit hameaux (Li Mulinacchi, Li Monti Rossi, Rionda, San Marcellu, Lo Campo, San Giustu, Vistale, La Piana) échelonnés depuis la plage de Chiumi jusqu'à La Piana.

L'église piévane se trouvait à San Marcellu (à 4km au Sud de Piana, près de la route d'AJaccio).

Les seigneurs de Leca, qui selon Maurice Barrés (du sang, de la volupté et de la mort) étaient magnifiques d'audace et de férocité, se révoltèrent contre la domination génoise, mais furent vaincus et massacrés. La prise du château de Jean Paul de Leca le 29 Mars 1489 constitue l'un des derniers épisodes de cette lutte. Le château se dressait à 4 km à l'est du village sur la "Spija dei Conti" (crêtes des Comtes).

Immédiatement au dessous du Monte Vittullo: les génois massacrèrent tous les défenseurs à l'exception des femmes et des enfants.

Pour mettre un terme aux liens constants des habitants et des seigneurs de Leca, les autorités génoises détruisirent le château ainsi que les hameau de la piève et en expulsèrent la population avec interdiction de s'y rétablir sous peine de mort.

Ainsi, durant deux siècles de 1489 à 1690, toute notre région fut désertifiée, sauf de rares cultures permises aux gens venant de la montagne.

Cependant au 16 ème siècle, pour se protéger contre les attaques des pirates barbaresques les génois construisirent les "tours génoises" (dont une à Turghio): il y en avait près de 200 sur les rivages de l'île, communicant par feux et permettant en deux heures de prévenir toute la Corse d'une incursion barbaresque.

Mais, à partir de  1690, sans doute parce que la puissance déclinante de Gènes ne pouvait plus s'y opposer, a eu lieu la reconstruction du village de Piana. Ce fut d'abord l'oeuvre de la famille Ceccaldi venant de Vescovato en passant par Chidazzu dont le chef était Ghjovan Tomaso Ceccaldi (1660-1731).

La première maison construite est "a torra". Puis Ghjovan Tomaso attire des familles de Marignana, de Chidazzu, du Tasso: les Pietri, les Alessandri, les Leca, les Versini, puis les Giovanelli, les Grimaldi, les Subrini les Spinosi, les Nesa, les Luciani,  les Cesari.

Ghjovan Tomaso remet en état une ancienne chapelle entièrement démolie qui domine le hameau, la dote et en fait l'église paroissiale vouée aux saints Pierre et Paul (elle se trouve actuellement dans le pré situé 50m  plus haut que le presbytère). En retour de ce service rendu, il obtint de l'autorité épiscopale, pour lui et ses descendants le "jus patronati" c'est à dire le privilège de choisir les curés pour administrer l'église du  village. Le village sera reconnu comme paroisse en 1713 et doté :

 

- d'un podestat ( en mairie ) le premier sera Antoine Alessandri

- d'un chef de la milice: Ghiovan Tomajo le restera jusqu'à sa mort avec le titre de Capitanu

- d'un prêtre nommé par Giovan Tomajo : ce sera Ignazio Leca.

 

Dans sa très intéressante "Monographie de Piana" parue en 1948, Joseph Antoine Ceccaldi indique à ce sujet :

" Si pendant plus d'un siècle les électeurs accordèrent sans difficulté le titre de "Capitan" aux membres d'une famille pour laquelle le commandement des milices était devenu une fonction traditionnelle, ils n'admirent pas aussi facilement le jus patronati. Le maintien d'un privilège héréditaire s'accordait mal avec l'humeur égalitaire d'une population qui marque toujours son hostilité des classes et des hiérarchies.

Pendant plus de soixante ans, ce jus patronati fut l'objet de discussions passionnées. En 1765, sous la conduite des Alessandri, une grande partie de la population pour se dégager de toute sujétion aux Ceccaldi, décide de construire une grande église édifiée à l'aide de souscription publique qui sera achevée en 1792 (population 736 âmes), et livrée au culte en 1795.

 

L'année suivante, les Ceccaldi ne pouvant prendre à leur charge l'entretien  de la nouvelle Église et du curé renoncent à leur jus patronati. Sainte Marie devient église en 1796. Le recul du temps permet de considérer avec une certaine sérénité les querelles qui ont divisé le village au 18è siècle. Ce siècle d'une violence particulière pour la Corse a été marqué par la guerre contre Gènes durant 30 ans et par la guerre contre la France puis après le désastre de Ponte Novo par la guérilla conduite dans notre région par Bonaventura Benedetti d'Ota dit Venturone.

Malgré toutes ces violences, les querelles du village n'ont jamais abouti à un affrontement sanglant entre deux factions rivales; nous devons en rendre grâce à Dieu et la sagesse de nos ancêtres.

D'ailleurs, la réconciliation viendra.

 

Eugène Leca, ancien Prieur.

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